Des ressources pour s'évader...Chapitre 4 : de nouvelles idées lectures !

Depuis que le confinement a démarré, vous avez épuisé l’ensemble de vos idées et ressources à la maison ? Vous voulez changer de Netfl.., des infos, ou des jeux de société ? Et pourquoi pas lire des livres ?

Je vous propose ici quelques pistes pour trouver de nouveaux livres à lire, gratuitement et sans sortir de chez vous.

 

Des livres que vous n’avez jamais lus ou terminés

Mais si vous savez, ce livre tout au fond de votre bibliothèque (ou carton de livres, ça marche aussi) que vous n’avez jamais ouvert ou terminé ? Soit parce qu’il ne vous inspirait pas à l’époque, soit parce qu’il vous a ennuyé, soit parce que vous n’aviez pas le temps.

C’était peut-être il y a quelques mois ou quelques années, alors depuis votre état d’esprit a peut-être changé, vous avez le temps, et surtout vous avez ce livre déjà sous la main !

 

Des livres que vous avez envie de relire

En cherchant ces livres jamais lus ou jamais terminés, vous êtes tombé sur un livre que vous avez terminé il y a quelques temps ? Cela vous a donné envie de le relire ? Ne vous privez pas, c’est le bon moment !

Vous n’avez pas (encore) trouvé votre bonheur dans vos réserves personnelles ?

Pas de panique il y a encore d’autres ressources !

Les livres du domaine public ne sont pas les dernières nouveauté, mais c’est un catalogue bien fourni, totalement gratuit, et légal.

En effet, il s’agit de livres (en France) dont les auteurs sont décédés depuis plus de 70 ans. Cela vous donnera surtout l’opportunité de réviser vos classiques.

Quelques sites pour accéder à des livres du domaine public :

http://www.livrespourtous.com 

https://bibliothequenumerique.tv5mon...

 

Des ebooks gratuits sur les sites Fnac et Amazon

Fnac et Amazon proposent depuis plusieurs années des ebooks disponibles sur leurs liseuses (respectivement Kobo et Kindle) mais aussi sur mobile et tablette avec les applications du même nom.

Si ces plateformes sont connues pour les livres numériques payants, elles proposent également des contenus disponibles gratuitement : généralement du domaine publique, et parfois aussi des offres gratuites temporaires.

La condition pour accéder à ces contenus est simplement de vous connecter à votre compte client (pour pouvez le créer gratuitement et facilement) si vous n’en avez pas encore. Si vous choisissez des contenus payants, il faudra bien sûr les payer avant de pouvoir y accéder.

https://livre.fnac.com/n309183/Tous-...

(Pour les adeptes de la série Lupin, vous trouverez le livre qui est à l'origine !)

https://www.amazon.fr/Ebooks-Gratuit...

 

Quelques extraits pour susciter l'envie...

Voici quelques extraits de texte littéraires. Ils sont disponibles au CDI !

 

« C'était tout le jardin qui embaumait ; Côme ne parvenait pas encore à parcourir des yeux ce désordre touffu, mais son odorat l'explorait ; il s'efforçait de discerner les arômes variés, qu'il connaissait pour les avoir déjà sentis, apportés sur les ailes du vent jusqu'à notre jardin, tout chargés du secret de la villa voisine. Il regarda ensuite les frondaisons et vit des feuilles nouvelles, certaines grandes et lustrées comme par un voile d'eau, d'autres minuscules et pennées ; et des troncs lisses ou écailleux. Il régnait là un grand silence. De minuscules roitelets s'envolèrent en criaillant. Et l'on entendit une petite voix qui chantait : Oh là là là! La ba-lan-çoire ! Côme regarda au-dessous de lui. Suspendue aux branches d'un grand arbre, une balançoire oscillait, où s'était assise une petite fille blonde qui pouvait bien avoir dix ans. »

 

« - Pourquoi me fais-tu souffrir?

- Parce que je t'aime.

C'était lui à présent qui se mettait en colère.

- Non, tu ne m'aimes pas. Quand on aime, on veut le bonheur, pas la douleur.

- Quand, on aime, on ne veut que l'amour, même au prix de la douleur.

- Alors, tu me fais souffrir tout exprès?

- Oui, pour m'assurer de ton amour.

La philosophie du Baron se refusait à la suivre dans cette voie:

- La douleur est un sentiment négatif.

- L'amour est tout.

- La douleur doit toujours être combattue.

- L'amour ne se refuse à rien.

- Il est des choses que jamais je n'admettrai.

- Mais si, tu les admets, puisque tu m'aimes et que tu souffres. »

Le baron perché, Italo Calvino.

Une émission de France Inter consacrée au roman : "ça peut pas faire de mal" du 24 avril 2020(link is external).

 

 

Cette nuit-là, Buck dut résoudre le grand problème du sommeil. La tente, éclairée par une chandelle, projetait une lueur chaude sur la plaine blanche : mais quand tout naturellement il y entra, Perrault et François le bombardèrent de jurons, et d’ustensiles de cuisine qui le firent s’enfuir, consterné, au froid du dehors. Il soufflait un vent terrible qui le glaçait et rendait la blessure de son épaule particulièrement cuisante. Il se coucha sur la neige et tenta de dormir, mais le froid le contraignit bientôt à se relever ; misérable et désolé, il errait au hasard, cherchant en vain un abri ou un peu de chaleur. De temps à autre, les chiens indigènes tentaient de l’attaquer, mais il grognait en hérissant les poils de son cou (défense qu’il avait vite apprise) et montrait un front si formidable que les maraudeurs se désistaient bientôt, et il continuait sa route sans être inquiété.

 

Soudain, Buck eut l’idée de chercher comment ses compagnons de trait se tiraient de cette difficulté. À sa grande surprise, tous avaient disparu ; il parcourut de nouveau tout le camp, puis revint à son point de départ sans parvenir à les trouver. Convaincu qu’ils ne pouvaient être sous la tente, puisqu’il en avait été chassé lui-même, il en refit le tour, grelottant, la queue tombante et se sentant très malheureux. Tout à coup la neige céda sous ses pattes et il s’enfonça dans un trou au fond duquel remuait quelque chose ; redoutant l’invisible et l’inconnu, il gronda et se hérissa avec un bond en arrière. Un petit gémissement amical lui ayant répondu, il revint poursuivre ses investigations, et, en même temps qu’un souffle d’air chaud lui parvenait à la face, il découvrait Billee roulé en boule sous la neige. Celui-ci gémit doucement, se mit sur le dos afin de prouver sa bonne volonté et ses intentions pacifiques, et alla même, pour faire la paix, jusqu’à passer sa langue chaude et mouillée sur le museau de l’intrus.

 

Autre leçon pour Buck, qui choisit immédiatement un emplacement, et après beaucoup d’efforts inutiles parvint à se creuser un trou. En un instant la chaleur de son corps remplissait ce petit espace, et il trouvait enfin un repos bien gagné. »

L'appel de la Forêt, Jack London

A lire en version intégrale ici

Une émission de France Inter consacrée au roman : "ça peut pas faire de mal" du 11 février 2017(link is external).

 

 

 « Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n'était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d'écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l'avait recouvert comme un seau d'eau.

Tobie regardait le ciel percé d'étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s'étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.

Quand la lune n'est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu'il se disait. Il se répétait aussi : « S'il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant... »

Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.

Tobie était dans un trou d'écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue.

Sa vie s'était arrêtée quelques heures plus tôt, et il se demandait ce qu'il faisait encore là. Il se rappelait qu'on lui disait toujours cela quand il fourrait son nez partout : « Encore là, Tobie ! » Et aujourd'hui, il se répétait à lui-même, tout bas : « Encore là ? »

Mais il était bien vivant, conscient de son malheur plus grand que le ciel.

Il fixait ce ciel comme on tient la main de ses parents dans la foule, à le fête des fleurs. Il se disait : « Si je ferme les yeux, je meurs. » Mais ses yeux restaient écarquillés au fond de deux lacs de larmes boueuses.

Il les entendit à ce moment-là. Et la peur lui retomba dessus d'un coup. Ils étaient quatre. Trois adultes et un enfant. L'enfant tenait la torche qui les éclairait.

- Il est pas loin, je sais qu'il est pas loin.

- Il faut l'attraper. Il doit payer aussi. Comme ses parents. »

Tobie Lolness, Timothée de Fombelle